Routes Bifoun-Ndjolé et Bifoun-Lambaréné : Entre chantiers « escargots » et colmatages d’urgence
Au 5 janvier 2026, le constat est amer pour les usagers du « triangle de la mort ». Malgré les lancements en grande pompe et les promesses de la Transition, les axes Bifoun-Ndjolé et Bifoun-Lambaréné demeurent des épreuves de force pour les transporteurs et les populations. Entre retards abyssaux et solutions de fortune, la réalité du terrain contredit souvent les communiqués officiels.
Le tronçon Bifoun-Ndjolé, long de 56 kilomètres et considéré comme une section vitale du réseau routier national, illustre parfaitement ce marasme avec un taux d’exécution qui stagnait à seulement 13 % après plusieurs mois de travaux laborieux. Initialement confié à la société Sogea-Satom pour un montant global de 41,8 milliards de FCFA, le projet subit désormais une restructuration majeure suite au constat d’échec de la première entreprise. Les dernières informations indiquent une reprise imminente du chantier par l’entreprise Colas, une décision attendue pour pallier l’inefficacité et tenter de respecter enfin les délais de livraison.
La situation n’est guère plus reluisante sur l’axe Bifoun-Lambaréné, où les travaux de réhabilitation lancés officiellement en grande pompe le 19 mars 2025 peinent à transformer la réalité quotidienne des transporteurs. Les usagers de cet axe de 70 kilomètres, dont le contrat a été attribué à Infragroupe, continuent de décrire leur voyage comme un véritable « chemin de croix » ou un « Golgotha » permanent en raison de la multiplication des zones dégradées.
Si le ministère des Travaux Publics a récemment multiplié les interventions d’urgence pour traiter les points critiques, notamment sur la célèbre « Montagne Léon Mba », ces opérations ne constituent en réalité que des solutions éphémères de confortement. Ces manœuvres de rechargement et de bouchage de nids-de-poule, bien que nécessaires pour maintenir une circulation minimale, sont loin de la reconstruction durable en béton bitumineux promise par le gouvernement de la Transition.
L’opinion publique reste profondément sceptique face à ce que beaucoup considèrent comme des manœuvres de saupoudrage technique. Le pouvoir en place joue sa crédibilité sur la fluidité de ces axes névralgiques reliant l’Estuaire au centre et au sud du Gabon. Sans une accélération concrète des travaux de fond et une surveillance accrue des prestataires sur le terrain, la confiance des citoyens risque de se dissoudre dans la poussière de ces chantiers qui n’en finissent plus.




