POLITIQUE

Élections Législatives et Locales 2025 : Le grand flou des candidatures rejetées par la CNOCER

La période électorale approche à grands pas, notamment, le rendez-vous crucial des élections législatives et locales. Le scrutin prévu à cette occasion va renouveler nos institutions et consolider notre démocratie. Pourtant, à l'heure où les candidatures se clôturent, c'est un voile d’incertitude et de frustration qui enveloppe déjà l'arène politique.

La Commission Nationale d’Organisation, de Contrôle des Élections et des Résultats (CNOCER), pilier central du processus électoral, semble plus que jamais débordée et, pire encore, incapable de fournir des explications claires sur de nombreux rejets de candidatures.

L’annonce des listes des candidats retenus aux prochaines élections législatives et locales 2025 aurait dû être un moment de clarté et de transparence, marquant une étape cruciale vers la consolidation de notre démocratie. Pourtant, le déroulé depuis mercredi dernier jette une ombre lourde sur la crédibilité de tout le processus.

A cet effet, des centaines de citoyens, candidats contestés aux prochaines élections, se sont retrouvés au Ministère de l’Intérieur, espérant obtenir des éclaircissements sur le rejet de leur candidature. Leur étonnement fut immense, et leur indignation palpable, face à l’incapacité de la CNOCER à signaler les motifs d’annulation.

Dans la matinée du jeudi 21 Août, après avoir pris méticuleusement leurs coordonnées, ladite commission leur a demandé de patienter jusqu’en fin d’après midi pour leur signifier les raisons de leur disqualification. À 17h, le couperet tombe : les concernés sont invités à se rendre auprès des juridictions de recours pour prendre connaissance des motifs de leur rejet.

Un véritable cul-de-sac judiciaire ! Car au niveau de celles-ci, on leur exige, à juste titre, les notifications officielles de refus de la CNOCER. Sans ce document essentiel, aucune démarche de recours ne peut être entamée. C’est un dilemme abject et un blocage délibéré paralysant toute possibilité de contestation légale.

Le Ministre de l’Intérieur, dans une démarche frisant l’ironie, a parallèlement publié une note donnant un délai de 72 heures aux candidats pour effectuer leurs recours, à compter de la date de publication des listes. Or, une journée entière (le jeudi) a été délibérément perdue dans ce ballet administratif insensé. Aujourd’hui, vendredi 22 Août 2025, et avec l’arrivée du week-end, les tribunaux administratifs, notamment ceux traitant les recours pour les élections locales, ne travailleront pas.

Le tableau est alarmant. Des centaines de citoyens, candidats potentiels aux postes de députés et d’élus locaux, se retrouvent plongés dans l’incompréhension la plus totale. Leurs dossiers, jugés irrecevables se sont vus écartés sans aucune justification. Le mutisme de l’instance électorale est assourdissant et créé un climat de suspicion généralisée. Sans explication, chaque décision de rejet est perçue comme arbitraire. Cela ouvre la porte à toutes les rumeurs : incompétence administrative, pressions politiques, critères discriminatoires non avoués ? Le terrain est fertile pour l’agitation sociale et la contestation.

La confiance des citoyens dans les institutions est notre bien le plus précieux. En se murant dans le silence, elle érode non seulement la crédibilité de son propre travail, mais affaiblit également la légitimité des futurs élus. Comment des citoyens pourront-ils croire en un processus dont les portes de l’accès semblent fermées sans motifs clairs ?Pourquoi s’investir, se démener pour monter un dossier si l’on sait qu’un simple « non » peut anéantir tous les efforts, sans possibilité de comprendre ni de corriger ? Cette opacité décourage la participation citoyenne et risque de vider les urnes d’une partie de leur substance.

Certes, le volume des dossiers de candidatures est souvent colossal, et la vérification des pièces peut être complexe. Mais cette surcharge de travail, si elle est avérée, ne peut en aucun cas servir d’excuse au manque de transparence. Une institution de cette importance doit anticiper, se doter des moyens humains et matériels nécessaires, et s’assurer que ses procédures sont robustes et claires.

Si la CNOCER est réellement submergée, cela révèle de profondes lacunes organisationnelles nécessitant une réforme urgente. Des mécanismes d’information clairs doivent être mis en place, le personnel formé, et les critères d’éligibilité diffusés avec une précision chirurgicale. Surtout, un processus de recours transparent et équitable est indispensable pour garantir que chaque candidat ait le droit à une explication et, si nécessaire, à réparation. Les élections de septembre prochain sont un moment charnière. Elles ne doivent pas être entachées dès leur genèse par des doutes sur l’intégrité du processus.

Il est impératif que des mesures immédiates soient prises pour dissiper ce brouillard. Elle doit s’expliquer publiquement, les critères de rejet doivent être rendus accessibles, et un mécanisme de recours transparent doit être instauré sans délai. Faute de quoi, les bases mêmes de notre système démocratique risquent d’être ébranlées avant même que le premier bulletin de vote ne soit déposé.

Le temps presse. La légitimité de ces élections dépendra de sa capacité à sortir de ce silence assourdissant et à restaurer la confiance des citoyens et des candidats. La démocratie mérite mieux que l’opacité et l’arbitraire.

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