SOCIÉTÉ

Rétablir la vérité : pourquoi le courant continue de passer entre la SEEG et Karpowership

Le spectre d’un « black-out » total a récemment agité l’opinion publique gabonaise, alimenté par des rumeurs alarmistes concernant un prétendu divorce entre la Société d’Énergie et d’Eau du Gabon (SEEG) et son partenaire turc Karpowership.

Pourtant, malgré la circulation de documents administratifs aux accents menaçants, la réalité sur le terrain dément fermement la thèse d’un arrêt de service. Loin des scénarios catastrophes relayés sur les réseaux sociaux, la fourniture d’électricité reste assurée et le dialogue entre les deux partenaires demeure le pilier de cette collaboration énergétique.

L’origine de cette psychose repose sur une correspondance de l’opérateur turc, datée du 17 mars 2026, dans laquelle le représentant de Karpowership, Cagdas Sevik, exprimait une frustration manifeste face à des retards de paiement, réclamant 15 milliards de FCFA sous peine d’interruption immédiate de la production. Si ce courrier a pu donner l’impression d’une rupture imminente, l’intervention médiatique du patron de la SEEG est venue remettre les pendules à l’heure dès le lendemain.

Invité sur le plateau de Gabon 24 le 18 mars, l’Administrateur Directeur Général de la SEEG, Steeve Saurel Legnongo, a balayé d’un revers de main l’idée d’un « débranchement » des installations. Avec une sérénité contrastant avec la nervosité ambiante, il a tenu à clarifier que les relations contractuelles entre les deux entités ne se résument pas à un coup de sang épistolaire. Selon lui, bien que des tensions financières inhérentes à ce type de méga-contrats existent, les factures sont régulièrement honorées et aucune pression réelle n’est actuellement exercée par le partenaire turc pour interrompre la production.

Il est crucial de comprendre que dans le monde des affaires internationales, les courriers de mise en demeure servent souvent d’outils de pression dans le cadre de négociations financières serrées, sans pour autant conduire à une cessation d’activité réelle. C’est précisément ce qui se joue ici : une gestion de trésorerie complexe que la SEEG affirme maîtriser. L’engagement pris par la direction nationale est limpide : le maintien des installations est garanti et aucun retrait de l’appareil de production n’est à l’ordre du jour.

En somme, l’annonce d’une coupure généralisée due au départ de Karpowership relève davantage de la désinformation que d’une analyse factuelle de la situation. Si le système énergétique gabonais fait face à des défis structurels indéniables, la coopération avec le prestataire turc reste stabilisée par un respect mutuel des engagements financiers et un dialogue permanent. Les ménages gabonais peuvent donc être rassurés : le service continue, et la « crise » annoncée n’était, en définitive, qu’un mirage numérique.

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