SOCIÉTÉ

Réseau de prostitution sur WhatsApp : une plaie numérique à dénoncer

La police judiciaire gabonaise a révélé, le 7 août 2025, une enquête d’une ampleur inédite concernant des réseaux de prostitution opérant via WhatsApp. Ce « marché » sordide exploitait la vulnérabilité de nombreuses femmes, dont l’âge variait de 15 à 40 ans, pour des sommes dérisoires allant de 5 000 à 20 000 FCFA. Le modus operandi : des groupes WhatsApp servant de plateformes de « placement », facilitant la commercialisation des corps et l’exploitation sexuelle.

Loin de minimiser la gravité des faits, il est crucial de dénoncer les responsables et les proxénètes se cachant derrière cette exploitation. Ce réseau, numérique par nature, est une forme de proxénétisme moderne, décuplée par la portée des réseaux sociaux et leur capacité à banaliser et à diffuser des offres immorales. La PJ envisage de publier les noms de plus de 13 000 abonnés de ces groupes. Si cette initiative peut sembler légitime pour frapper fort et dissuader les futurs acteurs de ce marché de l’horreur, il est impératif de souligner les risques et les conséquences d’une telle mesure.

Derrière ces chiffres, se cachent des vies. Des personnes, avec leurs familles, leurs amis et leur entourage professionnel. La publication de ces noms, sans distinction de rôle ou de culpabilité (auteur, complice, simple observateur, victime potentielle), pourrait engendrer un cataclysme social. Ruines familiales, pertes d’emploi, stigmatisation, voire drames humains sont autant de risques devant être pris en compte. L’exposition publique et la sanction sociale, avant toute procédure judiciaire, soulève des questions éthiques et légales fondamentales.

Bien que la présomption d’innocence doive être respectée, il est révoltant que ces réseaux prospèrent dans l’ombre. La lutte contre ces pratiques immorales et illégales est une priorité. La PJ doit poursuivre son enquête avec fermeté, traquer les responsables, et démanteler les exploitants de la détresse et la vulnérabilité.

La justice ne doit pas être spectaculaire. Elle doit être juste et efficace. La réponse à ce fléau numérique doit allier fermeté et prudence. Il est crucial de différencier les rôles, de déterminer les responsabilités et de s’assurer que des mesures de protection et d’accompagnement soient mises en place pour les victimes. La lutte contre le proxénétisme en ligne exige des outils d’enquête performants, un encadrement juridique adapté et une condamnation exemplaire des coupables, tout en protégeant les droits individuels et la vie privée.

L’objectif : éradiquer ce fléau. La Police Judiciaire doit saisir cette occasion pour renforcer les lois, sensibiliser la population et offrir un réel soutien aux victimes. La justice ne peut pas se contenter de punir par la honte. Elle doit s’attacher à créer un environnement où l’exploitation sexuelle n’a plus sa place. C’est une question de dignité humaine et de respect des droits fondamentaux.

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