Poulet « Made in Gabon » : Le pari industriel de Me Lubin Ntoutoume au Brésil
L’échéance du 1ᵉʳ janvier 2027 est désormais gravée dans l’agenda industriel du Gabon. Derrière cette date se cache une interrogation capitale pour le quotidien des ménages : le pays parviendra-t-il enfin à produire son propre poulet de chair ? Pour répondre à ce défi, le Ministre de l’Industrie et de la Transformation Locale, Me Lubin Ntoutoume, a mené du 8 au 13 mars 2026 une mission stratégique au Brésil, cœur battant de l'agro-industrie mondiale, lors de la 26ᵉ édition du Salon International de Não-Me-Toque.
L’offensive a débuté par la maîtrise de la matière première vivante. En s’entretenant avec les experts de Cobb et Aviagen, le Ministre a posé les bases d’un approvisionnement en souches génétiques performantes et surtout adaptées aux spécificités du climat équatorial. Cette étape est le socle invisible mais indispensable de toute filière avicole robuste. Sans une génétique robuste, la productivité reste un vœu pieux.
L’enjeu s’est ensuite déplacé vers la question cruciale de la rentabilité. Puisque l’alimentation représente environ 70% du coût de production d’un poulet, la mise en place d’unités de fabrication d’aliments locales est devenue la priorité absolue. La délégation gabonaise a minutieusement étudié les seuils de rentabilité et la logistique nécessaire pour que le « poulet gabonais » ne soit pas un produit de luxe, mais une alternative réelle et accessible face aux importations massives.
Sur le plan technique, le choix des infrastructures a fait l’objet d’arbitrages rigoureux. En comparant les offres technologiques de leaders comme Big Herdsman ou FAMSUN, Me Lubin Ntoutoume a cherché l’équilibre optimal entre performance industrielle et maîtrise des coûts d’investissement. Cette quête d’efficacité s’est prolongée dans le secteur de la transformation avec Marel et BAADER, où l’accent a été mis sur la création d’abattoirs modernes respectant les normes sanitaires internationales les plus strictes.
L’innovation n’a pas été en reste avec l’exploration de la valorisation des sous-produits. Grâce aux technologies de Haarslev et Mavitec, le Gabon envisage de transformer les déchets d’abattoirs en ressources valorisables, maximisant ainsi chaque étape de la chaîne de production. Cette vision circulaire est complétée par une volonté de coopération institutionnelle avec l’Embrapa et l’ABPA, visant à sceller des accords bilatéraux pour un transfert de compétences durable entre le Brésil et le Gabon.
La réussite de ce pari ne dépend plus seulement de la volonté politique, mais de la capacité à traduire ces partenariats industriels en usines fonctionnelles sur le territoire national. En s’inspirant du modèle brésilien, Me Lubin Ntoutoume semble avoir identifié les leviers technologiques nécessaires pour briser la dépendance alimentaire du pays. Le compte à rebours est lancé : la date arrêtée nous dira si le Gabon a réussi sa mue industrielle.




