SOCIÉTÉ

Port-Gentil : Le plan d’assainissement de Pascal Houangni Ambouroue, un remède durable ou un simple soulagement éphémère ?

Le jeudi 8 janvier 2026 a marqué un tournant dans la gestion urbaine de la cité pétrolière avec le lancement officiel du plan d’assainissement trimestriel par le maire Pascal Houangni Ambouroue. Si cette opération de grande envergure est saluée pour sa vigueur logistique, elle soulève néanmoins des interrogations essentielles sur la pérennité de ses retombées et sur la capacité de la municipalité à transformer cet élan en une culture citoyenne durable.

Après l’audit administratif et financier, ce plan d’assainissement constitue la deuxième action majeure de la nouvelle mandature. Dans un contexte d’urgence sanitaire déclarée, l’édile a mobilisé un parc impressionnant d’engins spécialisés, soutenu par des partenaires stratégiques, pour attaquer de front l’insalubrité.

Le déploiement de camions et de chargeurs dans les quatre arrondissements, ainsi que la dotation en matériel de protection et de travail pour les agents municipaux, témoignent d’une volonté de professionnaliser le ramassage des ordures et le curage des canalisations. Cependant, l’histoire de la ville est parsemée d’opérations de nettoyage ponctuelles qui n’ont pas toujours survécu à l’épreuve du temps.

L’une des premières interrogations concerne la structure même de ce plan qualifié de « trimestriel ». Le maire a affirmé qu’il ne s’agit pas d’un simple rituel institutionnel, mais d’un engagement concret. Toutefois, que se passera-t-il au terme de ces 90 jours ? La fréquence des interventions, fixée aux jeudis et vendredis, suffira-t-elle à absorber la production quotidienne de déchets d’une métropole aussi dynamique que Port-Gentil ? Si les résultats étaient déjà perceptibles à Matanda et dans les autres sites visités dès la première journée, le risque est de voir l’insalubrité reprendre ses droits dès que les engins quitteront le terrain.

Le Maire de Port-gentil, Pascal Houangni Ambouroue pendant l’opération © DR

Le succès de cette opération repose également sur les retombées sociales et comportementales. Si les riverains ont observé avec admiration le travail des équipes municipales dans la journée du vendredi 9 janvier, la véritable victoire se jouera sur leur capacité à ne plus transformer les espaces nettoyés en dépotoirs sauvages.

La municipalité prévoit-elle, en parallèle de ce fauchage symbolique effectué par le maire et ses adjoints Urbain Makoumbi, Tony Mboumi et Boubakar Ngouwa Guingo Mayake, une campagne de sensibilisation ou des sanctions pour maintenir la salubrité des points d’apports volontaires ? Sans une implication directe des comités de quartiers, l’investissement matériel risque de ne produire que des bénéfices cosmétiques.

Enfin, les retombées politiques de ce plan sont indéniables. En se rendant personnellement sur les sites d’intervention pour s’assurer de la rigueur des travaux, Pascal Houangni Ambouroue joue sa crédibilité. Le suivi rigoureux annoncé est une réponse directe aux attentes d’une population désireuse de retrouver un cadre de vie sain. La réussite de ce plan trimestriel pourrait servir de modèle pour d’autres communes du pays, mais son échec, par manque de suivi ou d’essoufflement financier, porterait un coup dur à l’image d’efficacité que souhaite projeter la nouvelle équipe. L’avenir dira si Port-Gentil a trouvé son second souffle ou si elle se contente d’une simple toilette de saison.

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