POLITIQUE

Clôture Historique : L’Assemblée Nationale de la Transition Tire sa Révérence après 25 Mois

La législature de la transition, inaugurée le 16 octobre 2023, s’est officiellement achevée ce jeudi 13 novembre 2025 lors d’une cérémonie solennelle à l’Hémicycle du Palais Léon Mba. Ce moment mémorable a été marqué par une forte émotion et un bilan rétrospectif lucide sur les 25 mois d’un mandat sans précédent dans l’histoire politique gabonaise.

Au nom des forces politiques, l’Honorable Biyoghe Mba a dressé un constat sans concession sur les débuts de la législature, qu’il a qualifiés de « froid, distant, parfois heurté ». Cette atmosphère reflétait les profondes divisions héritées de l’ancien régime et les suspicions initiales envers certains élus.

Cependant, il a souligné que le temps et le travail en commun ont transformé les rapports : « Ce qui nous unit est resté plus fort que ce qui aurait pu nous diviser. » L’Honorable Biyoghe Mba a également insisté sur le caractère nominatif du mandat, un attribut spécifique à cette Assemblée transitoire, distinguant cette législature des précédentes.

Pour la première fois depuis l’indépendance, 145 députés, incluant six militaires (cinq généraux et un colonel), ont siégé ensemble à l’Assemblée nationale.Chargé de représenter cette composante, l’Honorable Romain Mouélé Mouélé a rappelé la perception initiale des militaires comme de potentiels « espions du CTRI ». Il a affirmé qu’avec le temps, « les préjugés sont tombés » et les relations se sont normalisées, permettant aux militaires de « faire carrière de députés » et d’acquérir une riche expérience politique.

La conclusion des témoignages a été confiée à Marcel Libama, autrefois qualifié de voix critique par l’ancien « gouvernement autiste ». Il a rappelé la portée symbolique de ce mandat, déclarant : « On ne naît pas député, on le devient. » Il a rendu un hommage appuyé à la participation citoyenne et aux propositions de loi émanant de la société civile tout au long de la Transition.

Dans son discours de clôture, le président de l’Assemblée nationale de la transition, l’Honorable Jean François Ndongou, a remercié l’ensemble des députés. Il a rappelé que la mission primordiale de cette Assemblée était d’édifier une nouvelle République fondée sur des institutions restaurées.

Il a invoqué les articles 71, 76 et 84 de la Constitution, qui fixent le cadre légal de la fin de la Transition, et a annoncé que le bureau de la quatorzième législature sera installé conformément au retour à l’ordre constitutionnel. Cette étape est cruciale pour que l’administration parlementaire puisse préparer efficacement la reprise institutionnelle.

Le président Ndongou a également souligné que l’achèvement de la transition exige le renouvellement de plusieurs organes clés, notamment la Cour constitutionnelle, le Conseil économique, social et environnemental, et le Sénat.

En seulement 24 mois, l’Assemblée de la Transition a mené un travail qualifié de « remarquable » par son Président.

Textes Majeurs Adoptés :

La loi référendaire et la Nouvelle Constitution ;

Le Code électoral et la loi sur les partis politiques ;

Le Code de la santé ;

La loi sur la nationalité et le statut des greffiers ;

La loi de finances et plusieurs textes axés sur la digitalisation de l’État.

Contrôle et Enquêtes Parlementaires :

11 questions orales ont été adressées au Gouvernement (dont 8 ont reçu une réponse) concernant la gestion foncière, le relogement des déguerpis, la prolifération du trafic de stupéfiants, la situation des archives nationales et l’insécurité scolaire ;

3 enquêtes parlementaires ont été menées, notamment sur le foncier, les conditions d’attribution de la nationalité, et l’évaluation de la privatisation de la SNBG.

Diplomatie Parlementaire Revigorée :

L’Assemblée a mené une diplomatie active pour rétablir la crédibilité et le leadership du Gabon sur la scène internationale. Le fait qu’aucun organisme intercontinental n’ait exclu le pays est une preuve de la réussite des efforts de plaidoyer et de la recherche de partenaires fiables.

Avec cette cérémonie, une page se tourne sur 25 mois d’une expérience institutionnelle sans précédent, ayant permis d’assainir, de repenser et de reconstruire les fondements de la République en préparation du retour à l’ordre constitutionnel.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page