L’ultime hommage de la communauté musulmane à l’Imam Alboury Ndiaye : Un héritage de foi et d’effacement
L’émotion était profonde et le recueillement total, le dimanche 22 mars 2026 au sein de la mosquée Hassan II de Libreville. Quelques jours seulement après ses obsèques, qui se sont déroulées le jeudi 19 mars dernier, la communauté musulmane du Gabon s’est rassemblée en nombre pour honorer la mémoire d’Alboury Ndiaye. Imam à la mosquée de Louis et conseiller stratégique du chef de la communauté, ce pilier spirituel s’est éteint récemment des suites d’une courte maladie, laissant derrière lui le souvenir d’un homme dont l’impact dépasse largement le cadre des fonctions officielles.
La cérémonie a vu la participation de hautes personnalités religieuses, au premier rang desquelles Abdu-Razzaq Guy Kambogo, président du Conseil Supérieur des Affaires Islamiques du Gabon (CSAIG), et l’Imam Tidjani Babagana, Grand Imam du Gabon. Ce moment de prière a été l’occasion de célébrer une vie consacrée à l’Islam et au service d’autrui, rythmée par des témoignages poignants mettant en lumière la singularité de l’illustre disparu.

Prenant la parole, le Grand Imam Tidjani Babagana a insisté sur la vertu cardinale définissant cet être unique en son genre : l’effacement de soi. Selon lui, l’imam disparu fuyait la lumière des projecteurs pour se concentrer sur l’essence de son message. Il a rappelé la pertinence systématique de ses interventions, portées par une rhétorique et une éloquence qui le rendaient unique au sein de sa famille religieuse. Pour le Grand Imam, Alboury Ndiaye laisse une leçon impérissable à la jeunesse musulmane gabonaise, celle d’une constance sans faille et d’un engagement total dès le plus jeune âge.
Un point particulièrement spirituel a été soulevé concernant le timing de son rappel à Dieu. L’Imam Babagana a souligné la « grâce » qu’a constituée le décès d’Alboury Ndiaye à la fin du mois de Ramadan. Ayant accompli tout le mois de jeûne avec les fidèles, il a pu bénéficier des dernières retombées spirituelles de ce mois sacré avant que son âme ne soit rappelée. Cette fin de vie, jugée exemplaire, témoigne pour ses pairs de la grandeur de sa personnalité et de la sincérité de son œuvre, qu’il accomplissait exclusivement « pour Allah », loin des préoccupations matérielles.
De son côté, Abdu-Razzaq Guy Kambogo a partagé un témoignage plus intime, mêlant la rigueur professionnelle et la fraternité. En tant que conseiller stratégique, il jouissait d’une confiance absolue de la part du chef de la communauté. « J’agissais les yeux fermés », a confié Abdu-Razzaq Guy Kambogo, évoquant une collaboration fluide où l’honnêteté intellectuelle et l’humilité de l’imam permettaient de surmonter toutes les difficultés.

Le chef de la communauté a également révélé le dévouement constant d’Alboury Ndiaye envers les plus nécessiteux. Jusque dans ses derniers instants d’activité, notamment lors de la gestion des aides transmises par le chef de l’État pour les festivités religieuses, l’imam s’assurait personnellement que les sages et les démunis ne soient pas oubliés. Sa disparition laisse un vide immense, celui d’un « homme d’exception » lequel rappelait sans cesse, par ses actes, que chaque être humain finira par goûter à la mort, mais que seules les œuvres perdurent.
Cette rencontre sobre et strictement religieuse a rappelé que, si la tristesse est naturelle, la reconnaissance pour le chemin parcouru doit l’emporter. Entre éloquence, service de la communauté et piété, l’Imam de Louis restera une source d’inspiration pour les croyants, un serviteur dévoué qui, selon les mots de ses proches, n’a pas vécu en vain.




