POLITIQUE

L’UDB face à l’épreuve du feu : Des novices à la conquête du pouvoir face aux poids lourds du PDG, RPM, UN… ?

L'annonce des investitures de l'Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB) pour les élections générales de 2025 marque une étape cruciale dans le paysage politique gabonais post-transition. Fort de son statut de parti présidentiel, il affiche des ambitions nationales évidentes en présentant un nombre conséquent de candidats aux législatives et aux locales.

Cependant, une question centrale se pose : l’inexpérience supposée des candidats constituera-t-elle un handicap insurmontable face aux figures établies de ses concurrents, notamment issues du PDG (Blaise Louembe), du RPM (Alexandre Barro Chambrier), de l’Union Nationale (Paulette Missambo)… ?

La stratégie semble s’appuyer sur deux piliers majeurs. D’une part, l’identification au chef de l’État, Brice Clotaire Oligui Nguema. Espérant capitaliser sur la « vague nationaliste » et l’espoir de changement associés à la nouvelle administration. L’investiture de figures proches du président, comme Sosthène Nguema Nguema à Oyem, illustre cette stratégie. D’autre part, il mobilise des personnalités a fort impact comme Éloi NZONDO au 3e Arr. Julien ASSOUMOU AKUE au 6e Arr. Aurélien Ntoutoume au 2e Arr. à Libreville, visant à ancrer sa présence sur le terrain.

Néanmoins, le pari comporte des risques significatifs à savoir ; la légitimité et la notoriété de ses candidats. Présenter à 60% des « bleu » face à des figures aguerries et connues de l’électorat pourrait s’avérer contre-productif. La longue expérience et les réseaux des candidats du PDG, du RPM ou de l’Union Nationale leur confèrent un avantage indéniable, particulièrement en matière de mobilisation et de communication.

De plus, l’équation entre la popularité du président et la capacité des candidats à convaincre mérite d’être examinée avec prudence. L’enthousiasme initial pour le nouveau régime peut s’être estompé si les électeurs n’ont pas perçus de progrès concrets dans leur vie quotidienne. L’UDB doit démontrer que ses candidats sont capables de porter efficacement les promesses de « rupture et de redressement » et qu’ils possèdent les compétences nécessaires pour répondre aux besoins spécifiques de leurs circonscriptions.

Puis, la question de la définition du projet politique reste en suspens. Au-delà de la mise en œuvre par le président, le parti doit articuler une vision cohérente et mobilisatrice pour l’avenir du Gabon, en proposant des solutions crédibles aux défis économiques, sociaux et politiques auxquels le pays est confronté.

Ceci dit, il se trouve donc à un tournant de son histoire. Son succès à ces élections dépend de sa capacité à transformer l’élan initial en une dynamique durable, en surmontant le défi de l’inexpérience de ses candidats et en proposant une alternative politique crédible et attractive pour les électeurs gabonais. Il ne suffit pas d’être le parti du Président, il faut prouver, sur le terrain, sa capacité à répondre aux aspirations de la population. L’électorat, « attentif aux promesses« , attendra des preuves tangibles en plus des affiliations politiques.

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