POLITIQUE

Législatives et locales 2025 : La CNR fustige un processus électoral « taillé sur mesure »

Dans un communiqué daté du 25 août 2025, lu par le Président, Pr. Vincent MOULENGUI BOUKOSSOU, la Coalition pour la Nouvelle République (CNR), se posant en « sentinelle de la République », a dénoncé avec une virulence palpable l’organisation des élections législatives et locales au Gabon. Elle ne se contente pas que de signaler des dysfonctionnements, mais expose de façon méthodique et implacable ce, perçu non pas comme une simple incompétence, mais plutôt en une volonté délibérée d’orchestrer le chaos à des fins politiques.

La CNR ne commence pas avec le processus électoral en cours, mais avec la nature même de la transition post-30 août 2023. Elle fustige une gouvernance construite « en marge d’un État de droit démocratique », jalonnée de subterfuges. Il est question d’un dialogue national non inclusif, téléguidé par les militaires, suivi d’une application sélective des recommandations et de la rédaction d’une Constitution jugée « liberticide ».

Ces étapes, présentées comme une parodie de normalisation, ont culminé avec un code électoral « taillé sur mesure », dans un mimétisme troublant avec les pratiques de l’ancien régime. Ce cadre institutionnel, loin d’être restauré, semble plutôt avoir été recalibré pour pérenniser un pouvoir, une « prestidigitation démocratique » A déclaré le porte-parole.

C’est sur ce terrain préparé que s’est déployée, selon le groupement politique, la « pire organisation » des élections jamais vécue. Le « cafouillage » attribué à la CNOCER est perçue comme un désordre organisé. La liste des griefs est longue et précise : un calendrier électoral désordonné, la disparition de dossiers de candidature pourtant validés (avec des exemples concrets à l’appui), et la mise en place tardive d’une structure aussi cruciale, incapable de faire face à sa mission. Ces « dérives autoritaires » sont perçues comme une stratégie délibérée pour décourager les Gabonais « politiquement conscients » de participer activement à la vie civique.

Au-delà de l’incompétence, il est relevé des manœuvres procédurales entravant le processus. Le fait que les commissions électorales locales aient cessé de fonctionner au soir de la date limite de dépôt des candidatures est présenté comme une violation flagrante de l’article 19 du code électoral, garantissant la permanence de leur fonction.

De plus, elle pointe l’absurdité du délai de réclamation de 72 heures, rendu inopérant par l’absence des présidents de commission nécessaires pour délivrer les certificats de rejet motivés. Ces obstacles bureaucratiques ne sont pas aléatoires ; ils semblent méthodiquement placés pour rendre toute contestation impossible, vidant ainsi le contentieux pré-électoral de sa substance.

La CNR met en lumière d’autres incohérences troublantes confirmant l’impression de manipulations. La publication partielle des listes de candidats, masquant les colistiers, est interprétée comme une « ruse » destinée à cacher les « transfuges » politiques et à rendre la transparence du processus illusoire.

La validation des candidatures de certains délégués spéciaux, en contradiction avec une communication officielle, s’ajoute à cette liste de violations des règles. Le cas de la légalisation fulgurante de l’Union Démocratique des Bâtisseurs (UDB), qui aurait accompli en 30 jours ce qui nécessite deux ans de procédure, soulève des questions fondamentales sur l’égalité et la justice dans le paysage politique gabonais.

Des calculs politiciens et pratiques rappelant de manière frappante l’ancien régime. À cet effet, le communiqué du Président de la République sur les manquements est jugé insuffisant pour rassurer, car ne dissipant pas l’empreinte d’une machination. Les leaders appellent les autorités à se ressaisir, pour que le Gabon puisse enfin entreprendre son développement « dans un climat de confiance et de paix » qui, à en juger par leur déclaration, est encore loin d’être atteint.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page