Le 7e Art gabonais orphelin : Van Mabadi, le « Bradock » national, a tiré sa révérence
La nouvelle est tombée comme un couperet, glaçant le cœur des cinéphiles de Libreville à Mouila. Van Mabadi, figure de proue du cinéma gabonais, s’est éteint jeudi 19 février 2026 en France, où il séjournait pour des raisons de santé. Acteur charismatique, réalisateur exigeant et scénariste inspiré, celui que le grand public vénérait sous les traits de « Bradock » laisse un vide immense derrière lui.
Si les dernières informations confirment que l’artiste luttait courageusement contre la maladie loin de ses terres, son décès en France marque la fin d’un chapitre glorieux pour l’audiovisuel gabonais. Van Mabadi n’était pas qu’un nom sur une affiche ; il était l’incarnation d’une ambition culturelle qui refusait les frontières. Sa disparition en terre européenne, alors qu’il cherchait à recouvrer ses forces, ajoute une note tragique à un parcours déjà marqué par le sacrifice et la passion pour l’image.
Natif de Mouila, ce dernier a su transformer son héritage local en une grammaire cinématographique universelle. Ses thématiques de prédilection l’amour, la famille et les mystères de l’âme humaine ont résonné bien au-delà des frontières du Gabon.
Le visage de la télévision : En incarnant Bradock dans la série Shanice, il est devenu un membre de la famille pour des milliers de foyers.
L’œil derrière la caméra : Sa contribution à la réalisation de Parents mode d’emploi (version gabonaise) a prouvé qu’il maîtrisait aussi bien l’émotion du jeu que la rigueur technique de la mise en scène.
Le cinéma d’auteur : Avec des œuvres comme Le pacte de l’amour ou son court-métrage engagé Le poids du silence, il a imposé un regard africain fier et sans concession.
Il était un artisan de la résilience. Dans un milieu où les financements sont souvent rares, Van Mabadi a prouvé que la conviction pouvait suppléer le manque de moyens tout en croyant fermement que les Africains devaient être les propres conteurs de leurs épopées. Aujourd’hui, alors que le rideau tombe sur sa vie, ses films restent des archives vivantes d’une identité culturelle affirmée.
Le scénario de sa vie s’achève brusquement, mais les bobines de ses films continueront de tourner, inspirant la nouvelle génération d’acteurs qui, demain, porteront à leur tour le flambeau du cinéma gabonais.




