POLITIQUE

2ND Tour des Élections législatives 2025 / La Grande Farce au 1er siège de Tsamba-Magotsi : Quand l’UDB Gagne « Dans la Douleur »

Il y a des victoires ayant la saveur du champagne, et d'autres avec le goût amer du café tiède, servi après une longue nuit de tractations et d'arrangements peu avouables. C'est visiblement le cas pour l'honorable (mais est-elle vraiment honorable ?) Virginie Bakissi PEMBA, qui, au bout de l'ennui et de l'incertitude, a arraché la victoire au 1er siège du département de Tsamba-Magotsi. Une victoire si peu glorieuse qu'on peine à y voir un triomphe, et ressemblant davantage à un triste spectacle de marionnettes manipulées par des mains invisibles.

Pendant près d’un mois, les populations ont vécu dans le suspense le plus total, comme si leur destin était suspendu à un fil. Et quel suspense ! D’abord un premier tour n’ayant pu départager deux candidats se regardant en chiens de faïence, et une attente semble-t-il interminable. Pendant ce temps, la candidate UDB, fraîchement débarquée dans ce parti a dû faire chemin avec des « barons » de la localité, tout comme elle, anciens PDGistes ayant subitement découvert les vertus de cette formation politique. C’est beau, l’opportunisme, n’est-ce pas ? On se croirait dans une mauvaise pièce de théâtre, où les acteurs changent de costume en coulisse, espérant que personne ne s’en aperçoive.

Et puis, le grand jour est arrivé lors du scrutin au 2e tour, et le verdict est tombé : 2376 voix pour l’UDB, contre 1666 pour le vaillant Romain Roger BIRINDA du RPM soutenu par l’ensemble des candidats éliminés au 1er tour. Un score qui, en apparence, donne à la candidate une avance confortable. Mais quand on y regarde de plus près, on constate une réalité bien plus sombre. Des irrégularités, des fraudes, des bureaux de vote où les bulletins se sont multipliés comme des petits pains. Un spectacle désolant n’étant pas sans rappeler une célèbre maxime de la politique gabonaise : « On gagne les élections à la Commission électorale, pas dans les urnes« .

Mais le plus risible dans cette affaire, c’est l’ampleur des moyens mis en œuvre pour une victoire si peu éclatante. Des flots d’argent, des convois de véhicules, une armée de militants dévoués… pour un total de 4042 électeurs. C’est comme si on avait déployé un porte-avions pour pêcher une sardine. Un gaspillage financier et humain qui laisse songeur et nous fait nous demander ce qui a bien pu coûter si cher. Les affiches de la candidate ? Les meetings ? Ou plutôt les « primes » et les « cadeaux » distribués à droite et à gauche, pour s’assurer que les électeurs votent « dans la douleur » aussi ?

Et pour couronner le tout, les invectives et les propos mensongers de l’UDB envers son adversaire. On a assisté à une campagne de dénigrement en règle, où les orateurs de la candidate ont rivalisé de créativité pour salir la réputation de Romain Roger BIRINDA. Un adversaire « très coriace« , n’ayant pas démérité en faisant face à une machine électorale bien huilée. C’est dire si les représentants du parti si Cher à Oligui dans ledit département avaient peur de la compétition, au point de devoir recourir à des stratagèmes aussi bas.

En fin de compte, la victoire de Virginie Bakissi PEMBA n’est qu’une parodie bien triste où la force de l’argent et des alliances douteuses a triomphé du débat d’idées et de la volonté populaire. Et quand on voit l’image de la candidate fêtant sa victoire, entourée de ses soutiens dont sa suppléante, Sylvie Maroundou, on ne peut s’empêcher de se demander si elles ne s’interroge pas elles-mêmes : « Mais à quoi bon tout ça ? » À quoi bon, en effet, quand la victoire est si peu glorieuse, et qu’elle laisse un goût si amer dans la bouche de ceux voulant y croire.

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