SOCIÉTÉ

Junior Xavier Ndong-Ndong : Le « Grand Chef » des Nganga peut-il encore mener ses troupes depuis sa cellule ?

Le verdict est tombé, et il est bien plus lourd que les incantations du prévenu : Junior Xavier Ndong-Ndong vient de troquer son costume de Président du Conseil des rites et traditions pour l'uniforme de détenu. Condamné à 12 mois de prison, le « général » de la mystique gabonaise se retrouve face à une réalité bien concrète : la justice n’a pas été envoûtée.

Alors qu’il se voyait peut-être intouchable sous la protection des ancêtres, le tribunal correctionnel de Libreville a ramené le concerné sur terre avec une sévérité ayant surpris plus d’un. Reconnue coupable d’incitation à la révolte, la figure de proue des rites traditionnels a écopé de : 12 mois d’emprisonnement (don’t 6 mois ferme).

2 millions de FCFA d’amende, soit quatre fois le montant réclamé par le parquet.Une douche froide pour celui qui, le soir de Noël 2025, jouait les prophètes de malheur en annonçant des coups d’État imaginaires et des chasses aux sorcières ethniques dans l’administration.

La question brûle désormais toutes les lèvres dans les temples et les corps de garde : ses compagnons Nganga vont-ils rester fidèles à un chef n’ayant pas vu venir sa propre arrestation ? Le désenchantement des troupes : Dans un milieu où le prestige repose sur la puissance et la clairvoyance, l’image du leader menotté et frappé d’une amende record risque de ternir son aura.

La concurrence dans l’ombre : On murmure déjà que certains de ses lieutenants pourraient être tentés de reprendre le flambeau du Conseil des rites, profitant de son absence forcée de 6 mois pour réorganiser le « commandement ».

La science vs le mystique : Les juges ont prouvé que les procès-verbaux pesaient plus lourd que les prédictions alarmistes. Pour ses partisans, le choc est brutal : le tribunal est allé bien au-delà des réquisitions du procureur, marquant une volonté ferme de ne pas laisser le « sacré » servir de paravent au trouble à l’ordre public.

Maître Sostène Eyi Mvé et son équipe, qui plaidaient la relaxe pure et simple, semblent avoir perdu leur latin (et leur mystique) face à la lourdeur de la peine. Si l’appel est envisagé, le mal est fait : le leader d’opinion a perdu sa liberté de mouvement et, peut-être, son autorité sur le monde invisible.

« La peine est lourde », avoue la défense. Un euphémisme pour celui qui pensait faire trembler la République avec une conférence de presse et qui finit par faire les comptes pour payer ses deux millions d’amende.

Reste à savoir si, à sa sortie, Junior Xavier Ndong-Ndong retrouvera son trône ou si ses compagnons auront déjà tourné la page de cette ère de « fausses nouvelles » pour des rites plus apaisés.

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