Interview : « Quand on sait comment l’UDB a eu son récépissé définitif, sinon provisoire, nous n’avons rien à gagner en l’intégrant » Dixit Terence Nzanga MAPANGOU, Président de l’APSG
Dans un entretien exclusif, Terence Nzanga MAPANGOU, président de l’Association pour le Socialisme au Gabon (APSG), livre ses réflexions sur la situation actuelle du pays. Le leader politique dresse un bilan critique des réformes en cours, particulièrement celle de la nouvelle loi sur les partis qu’il qualifie « d’anti-démocratique ».
Une loi contestée dans ses fondements
Pour le président de l’APSG, la nouvelle loi sur les partis politiques souffre d’un vice de forme majeur. Il remet en question la légitimité même des réformes entreprises par le gouvernement, pointant du doigt les dysfonctionnements du Dialogue National d’Angondje de 2024.
« Dans les fondements même de la création de cette loi, ça ne va pas. Je parle notamment de la mise en place du dialogue d’Angondje récent, en 2024. Des résolutions qui sont censées en avoir été tirées du lot et qui, en vérité, n’ont rien de légitime ni de crédible. Je rappelle que l’assemblée générale de clôture, mais surtout, j’ai envie de dire, de sélection de l’ensemble des propositions faites au sein des commissions mises en place au dialogue, n’a jamais été tenue », dénonce-t-il.
Il poursuit : « L’ensemble des soi-disant résolutions à ce jour, en vérité, ne sont ni crédibles, ni légitimes, puisqu’en fait, il ne s’agit que de la compilation d’un ensemble de propositions qui ont été travaillées au sein des commissions techniques mises en place pendant le dialogue. »
Des élections 2025 sous interrogation
Concernant les élections législatives et locales prévues le mois de Septembre 2025, Nzanga MAPANGOU soulève plusieurs préoccupations majeures. Notamment, le manque de préparation administrative avec des listes électorales non mises à jour et l’absence d’intégration des nouveaux électeurs.
Cette situation compromet, selon lui, la légitimité même du processus électoral à venir, dans un contexte où les procédures démocratiques ne sont pas respectées.
L’aide aux partis politiques : entre promesses et réalité
Le dirigeant de l’APSG exprime un scepticisme profond quant aux promesses d’aide gouvernementale aux partis politiques. Fort de son expérience, il rappelle que sa formation n’a jamais bénéficié de subventions malgré son statut légal.
« Moi, ce que je vous dis… C’est qu’il y a ce que les textes disent et il y a ce que les hommes font. Les textes nous enseignent à nous politiques, que depuis plus de 30 ans, nous sommes censés être subventionnés par l’État gabonais. Ça n’a jamais été le cas. Vous pensez bien qu’au bout de 30 ans, j’ai fini d’être un idiot, si j’en avais été un jour », martèle-t-il avec un sourire moqueur.
L’affaire Bongo : appel à la transparence
Sur l’affaire Bongo, le président de l’APSG adopte une position mesurée, appelant à une enquête transparente tout en dénonçant la culture de l’impunité qui gangrène le pays. Il attire l’attention sur le fait que les véritables injustices sont souvent occultées, et que l’attention se porte davantage sur ceux qui révèlent les malversations que sur les actes répréhensibles eux-mêmes.
L’APSG revendique son autonomie
Malgré les difficultés, il poursuit son chemin avec un effectif de 3 000 à 4 000 membres officiellement répertoriés. Nzanga MAPANGOU rejette catégoriquement toute idée de fusion avec d’autres formations politiques, notamment l’UDB.
« Notre parti existe depuis 1990. Ce n’est pas un petit bambin d’hier-hier qui va venir nous dire aujourd’hui, grand, viens nous rejoindre, nous avons de bonnes choses ici pour toi. C’est une entité politique qui existe, qui a un récépissé définitif. Quand on sait comment l’UDB a eu son récépissé définitif, sinon provisoire, nous n’avons rien à gagner en l’intégrant », souligne-t-il avec fermeté.
Un appel à l’authenticité politique
Le leader socialiste conclut son intervention en questionnant les véritables motivations des acteurs politiques actuels. Il plaide pour plus d’honnêteté et une réelle représentation du peuple gabonais, dans un contexte où la démocratie semble fragilisée.
Son discours constitue une réflexion approfondie sur l’état de la démocratie gabonaise, les droits civiques et l’avenir du pays. Une voix qui entend peser dans le débat public, malgré les défis auxquels font face les partis dans le paysage politique actuel.




