Fait Divers / Mitzic : L’artiste D12 lynché au vu et au su de tous
La ville de Mitzic est aujourd'hui sous le choc après la violente agression dont a été victime l’artiste et danseur de renommée internationale D12. Alors qu’il venait offrir son talent aux populations locales, ce digne ambassadeur de la culture, soutenu par le Centre Culturel Français, a été la cible d’une sauvagerie qui soulève une question brûlante : comment une telle violence peut-elle s’exercer avec autant d’assurance en plein cœur d’une zone de rassemblement public ?
Tout commence par un rendez-vous manqué du côté des organisateurs. Invité pour une prestation dans un night-club réputé de la place, il s’est retrouvé face à des promoteurs incapables d’honorer leurs engagements contractuels. Pourtant, par pur professionnalisme et respect pour ses fans venus nombreux, l’artiste a choisi de monter sur scène gratuitement, offrant une démonstration de danse mémorable. C’est cet élan de générosité qui rend la suite des événements d’autant plus révoltante.
C’est lors d’une pause, à l’extérieur de l’établissement, que le drame s’est noué. Une meute de sept individus s’est ruée sur le danseur avec une détermination effrayante. Le plus choquant, au-delà de la violence physique, c’est l’arrogance des assaillants. « Même s’il revient de Libreville, on doit l’agresser », auraient-ils lancé, témoignant d’un sentiment d’impunité total. Comment une bande organisée peut-elle se sentir assez puissante pour s’en prendre à une figure publique à la sortie d’un établissement bondé sans craindre une intervention immédiate ?
Ce déplorable incident met à nu les failles béantes de l’organisation des spectacles à l’intérieur du pays. Il est inadmissible qu’un établissement de nuit de cette notoriété ne dispose pas d’infrastructures sanitaires de base, obligeant ses clients, et même ses invités de marque, à s’aventurer dans l’obscurité extérieure pour des besoins naturels. Cette carence logistique a littéralement jeté l’artiste dans la gueule du loup.
La responsabilité des organisateurs est ici lourdement engagée. Faire venir un artiste de calibre international implique un devoir de protection ayant manifestement été balayé d’un revers de main. La sécurité ne doit pas être une option ou une variable d’ajustement budgétaire, mais la priorité absolue dès lors qu’un événement draine des foules.
Fort heureusement, la gendarmerie a réagi avec une promptitude exemplaire pour extraire l’artiste des mains de ses bourreaux. Si D12 a tenu à les remercier publiquement, cette affaire laisse un goût amer. Il interpelle les autorités et les opérateurs culturels sur la nécessité de sécuriser les espaces de divertissement. Si l’on peut agresser un artiste international sous les projecteurs d’un club célèbre, qu’en est-il du citoyen anonyme dans les rues de Mitzic ?




