SOCIÉTÉ

Recensement Général de la Population et des Logements : Le grand braquage des « miettes » des agents de la brigade citoyenne de proximité

C’est une scène illustrant parfaitement le fossé abyssal entre les discours officiels sur l’emploi et la réalité brutale du terrain. En instrumentalisant la précarité de milliers de Gabonais en quête de survie, la Direction Générale de la Statistique vient d’écrire une page sombre de l’amateurisme administratif, teintée de mépris social et de soupçons de corruption.

Tout a commencé par une « formation » de cinq jours, organisée en début du mois de Décembre 2025 dans des conditions indignes, à la Chambre de Commerce de Libreville. Mais le véritable affront est survenu près de deux semaines plus tard. Alors qu’on leur avait promis un remboursement dérisoire de 5 000 FCFA par jour pour leurs frais de transport, une somme censée couvrir également leur restauration et leur connexion internet, les postulants ont découvert avec effarement que même ces « miettes » faisaient l’objet d’un détournement déguisé.

Le passage à la caisse a viré au cauchemar. Par quel miracle administratif un apprenant ayant assisté à cinq (5) ou six (6) jours de formation se retrouve-t-il payé pour deux, un, voire zéro jour ? La réponse se trouve dans les couloirs de l’indiscrétion : le sabotage des fiches de présence. Il semblerait que des agents indélicats aient eu l’audace d’insérer les noms de leurs proches n’ayant jamais mis les pieds à la formation pour capter ces fonds.

Résultat ? Pour équilibrer les comptes après ce « braquage » interne, l’administration aurait cyniquement rayé les noms de ceux ayant réellement été présents. On ne parle pas de millions, mais de sommes allant de 10 000 à 25 000 FCFA. Voler des montants aussi faibles à des citoyens au chômage relève d’une cruauté sans nom.

Le mépris ne s’arrête pas là. Pour la mission de terrain, la coordination propose une prime de 100 000 FCFA pour près de deux mois de travail. Soit 50 000 FCFA par mois pour loger, nourrir et déplacer un brigadier sur le terrain. C’est une insulte à la dignité humaine. Comment peut-on demander à un père ou une mère de famille de s’investir dans une opération nationale d’une telle importance avec une rémunération ne couvrant même pas la totalité des frais d’une ordonnance médicale ?

Le désordre constaté la semaine écoulée au siège de la CNTIPPEE, entre cris de colère et groupes WhatsApp en ébullition, n’est pas qu’un simple « problème technique ». C’est un échec managérial total. La solution proposée, une énième liste de réclamations, n’est qu’un pansement sur une plaie béante.

Ces Gabonais, dont la plupart sont sans emploi, méritent du respect et non d’être traités comme du bétail électoral ou administratif. Il est temps que les responsables de ce fiasco rendent des comptes. On ne bâtit pas un pays sur la spoliation des plus faibles.

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