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Drame maritime au large d’Ozouri : L’espoir s’amenuise mais les recherches s’intensifient pour Assane Ka

Le littoral gabonais est plongé dans une attente insoutenable. Depuis l’accident maritime impliquant une pirogue de pêche immatriculée AK 0033/20, transportant cinq pêcheurs, et un bateau logistique de la société Dixstone, le 28 février 2026, au large d’Ozouri dans le canton Océan, une petite localité située au sud de la capitale économique, le temps semble s’être figé pour la famille et les proches. Malgré la mobilisation des secours et la solidarité des marins locaux, l’incertitude demeure totale quant au sort du membre de l’équipage du bateau de pêche percuté et porté disparu dont le nom est désormais sur toutes les lèvres.

Dès l’annonce du naufrage, un dispositif de recherche de la brigade nautique de l’Ogooué-Maritime appuyé par des volontaires connaissant parfaitement les méandres de la côte, passent au peigne fin chaque secteur susceptible d’apporter un indice. Malheureusement, la météo capricieuse et l’étendue de la zone de recherche rendent la tâche des secouristes particulièrement complexe.

À Port-Gentil comme à Ozouri, l’émotion est palpable. La victime n’est pas seulement un nom sur un rapport d’incident ; c’est un membre actif de la communauté Sénégalaise dont l’absence brutale laisse un vide immense. Sur les plages, les regards se tournent inlassablement vers l’horizon, espérant un signe, une nouvelle, même infime, à même de mettre fin à ce tourment.

« Chaque heure qui passe est une épreuve, mais nous refusons de baisser les bras. La mer nous a pris l’un des nôtres, et nous irons jusqu’au bout pour le ramener », confie un proche sous le sceau de l’émotion.

Cet accident remet une nouvelle fois en lumière la dangerosité des activités maritimes dans cette partie du pays et la nécessité de renforcer les protocoles de sécurité en mer. Au-delà de l’urgence des recherches, des voix s’élèvent déjà pour demander que toute la lumière soit faite sur les circonstances exactes de ce drame afin d’éviter qu’une telle tragédie ne se reproduise.

Pour rappel, selon les témoignages recueillis par notre rédaction, les faits se seraient déroulés alors que les occupants de la pirogue s’étaient endormis à la suite d’une nuit de travail. Après avoir remonté leurs filets vers 4h30, les pêcheurs avaient effectué la prière de l’aube à 5h et partagé le dernier repas avant le début du jeûne à 5h30, en cette période de Ramadan.

Autour de 6h, Abda Ka, le propriétaire de la pirogue, a été brusquement réveillé par le bruit d’un moteur de navire s’approchant dangereusement. Constatant qu’il était impossible d’éviter l’impact, il a immédiatement alerté ses compagnons. Pris de panique, trois pêcheurs à savoir : deux Gabonais et un Sénégalais, se sont jetés à l’eau dans un instinct de survie.

Dans sa course, le bâtiment a emporté l’ancre de la pirogue, provoquant une légère fissure sur la coque de la petite embarcation. Malgré la frayeur, la tête du groupe est parvenue à sectionner la corde de celle-ci. Le navire, ne semblant pas avoir remarqué la collision, a poursuivi son chemin comme si de rien était.

Le Duo resté à bord s’est aussitôt employé à repêcher leurs collègues tombés à l’eau. S’il a réussi à sauver les deux ressortissants gabonais, Assane Ka demeure, à ce jour, introuvable.

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