SOCIÉTÉ

Dérives sur les réseaux sociaux : Minto’o Minto’o ou le prix de la diffamation en quête de « clics »

L’influence numérique ne donne pas tous les droits, et Céleste Minto'o, alias Minto'o Minto'o, vient de l’apprendre à ses dépens de la manière la plus brutale. Depuis le mercredi 11 février 2026, l’écran de son smartphone a été remplacé par les barreaux de la prison centrale de Libreville. Placé sous mandat de dépôt après son interpellation par la DGR, il doit désormais répondre de ses actes face à Guy Bertrand Mapangou, président du CESEC, dont l’honneur a été jeté en pâture pour quelques milliers de vues.

L’attitude de certains influenceurs au Gabon devient préoccupante. Pour gagner en notoriété, certains n’hésitent plus à franchir la ligne rouge de la calomnie la plus abjecte. Minto’o Minto’o ne s’est pas contenté de critiques acerbes ; il a diffusé des vidéos associant Monsieur Mapangou à des crimes rituels, l’accusation la plus grave et la plus infamante dans notre société.

Le problème est là : dans cette course effrénée au « buzz », la vérification des faits est devenue une option facultative. En agissant ainsi, l’influenceur a oublié une règle d’or de la sagesse populaire : il aurait dû tourner sa langue quatre fois dans sa bouche avant de diffamer, surtout sur des sujets aussi sensibles.

Lors de son audition, l’assurance de l’influenceur a fondu comme neige au soleil. Ses aveux sont d’une clarté désarmante : « Je n’ai aucune preuve. J’ai été induit en erreur et j’ai agi pour gagner en visibilité ». Cette confession met à nu la vacuité de certains contenus qui polluent nos fils d’actualité. Détruire la réputation d’un homme, traumatiser son épouse et ses enfants, tout cela pour de simples statistiques numériques ? C’est une dérive morale que la justice ne pouvait laisser passer.

Poursuivi en vertu de l’article 283, Minto’o Minto’o risque jusqu’à un an de prison et une amende exemplaire. Cette affaire doit servir de leçon à tous ceux qui pensent que le monde virtuel est une zone de non-droit. On ne peut pas accuser gratuitement des citoyens sans en subir les conséquences judiciaires.

Le passage de la lumière des projecteurs à l’ombre du « Gros Bouquet » est un rappel cinglant : la notoriété est éphémère, mais les dossiers judiciaires, eux, sont bien réels. Il est temps que les créateurs de contenus comprennent que la responsabilité est le corollaire indispensable de l’influence.

Articles similaires

Laisser un commentaire

Bouton retour en haut de la page