Crise dans l’Éducation : Le député Aggée Mayake s’insurge contre les « promesses creuses » du gouvernement
Le ton monte à l'Assemblée nationale. Aggée Mayake, député de la 14e législature élu du premier arrondissement de Tchibanga et du canton Dougheny, a brisé le silence ce 27 février 2026. Dans une déclaration au vitriol, l'élu de la Ve République fustige l'inertie du gouvernement face aux engagements pris envers le secteur de l'Éducation nationale, dénonçant un manque de considération flagrant pour la dignité des citoyens.
Le point de rupture ? L’échéance du 25 février 2026. Fixée par le ministère de l’Éducation nationale pour concrétiser des avancées majeures, cette date est passée sans qu’aucune mesure concrète ne voie le jour.Pour l’honorable Mayake, l’explication fournie par le ministère de la Fonction publique invoquant un « problème technique » à seulement 48 heures de la date limite est la goutte d’eau qui fait déborder le vase.
« Un problème technique ? Est-ce cela la considération qu’on accorde au peuple ? Est-ce avec des excuses improvisées qu’on veut justifier des mois d’attente et d’espoir brisé ? » s’interroge-t-il avec amertume.
L’élu rappelle que les engagements de l’État n’étaient pas de simples formalités, mais des promesses fermes inscrites dans un cahier de charges précis. Parmi les points de discorde majeurs, on retrouve :
L’intégration des sortants des écoles de formation. La régularisation de la situation des bénévoles, qui attendent une reconnaissance légitime ; La titularisation des agents en attente ; Le reclassement et l’avancement avec effet de solde, selon les quotas préétablis.
Selon lui, le constat est sans appel : aucun de ces points n’a été respecté. Il pointe du doigt un « gouffre » abyssal entre la communication médiatique du gouvernement et la réalité vécue sur le terrain.
Face à ce qu’il qualifie de « trahison de la confiance », le député de Tchibanga ne compte pas en rester là. Il prévient les membres du gouvernement que la parole de l’État ne peut être un simple slogan de campagne ou une déclaration sans lendemain pour les caméras.
L’avertissement est clair : le mois de mars constituera le nouveau test de crédibilité pour les ministres concernés.
« Je rappelle aux ministres de respecter leurs promesses au mois de mars, car nous serons plus regardants », prévient le député, signifiant ainsi que le contrôle parlementaire se fera plus pressant.
Ce coup de gueule met en lumière une tension croissante entre le pouvoir législatif et l’exécutif au Gabon. En se faisant le porte-voix des enseignants et des agents du secteur public, Aggée Mayake rappelle une vérité fondamentale de la Ve République : la légitimité d’un gouvernement repose sur sa capacité à tenir ses engagements.
Alors que le mois de mars approche à grands pas, les regards sont désormais tournés vers le ministère de l’Éducation et celui de la Fonction publique. Sauront-ils corriger le tir ou s’enfermeront-ils dans un mutisme périlleux ?




