Crise au sein du secteur éducatif : L’UDB va-t-elle sanctionner Régis Onanga Mamadou Ndiaye pour sa médiation ?
Le Palais Léon Mba est-il devenu le théâtre d'une ambition trop voyante ou celui d'un crime de lèse-majesté politique ? La question brûle désormais les lèvres au sein de la classe politique. Alors que Régis Onanga Mamadou Ndiaye, Président de l'Assemblée Nationale, savoure le succès diplomatique d'avoir rétabli le dialogue avec les syndicats de l'Éducation Nationale, l'ombre d'une sanction disciplinaire commence à planer sur sa tête, y compris au sein de sa propre famille politique. Ce paradoxe interroge : peut-on être puni pour avoir réussi là où le gouvernement et la présidence semblaient piétiner ?
Le grief circulant dans les couloirs du pouvoir est lourd de sous-entendus. On accuse le numéro un de la chambre basse de collusion déguisée avec les franges les plus radicales du mouvement enseignant, notamment le collectif SOS Éducation La Base.
Pour ses détracteurs, cette main tendue vers des figures comme Libama ou Edzo ne serait pas un acte de paix républicaine, mais une manœuvre subtile visant à maintenir une pression sociale pour affaiblir certaines hautes personnalités de la 5e République, en tête desquelles le Président Brice Clotaire Oligui Nguema. Face à ces procès d’intention, l’accusé a dû sortir les griffes en rappelant que chaque seconde de ces échanges a été enregistrée, prouvant ainsi la transparence totale de sa démarche.
Cependant, dans le code non écrit des familles politiques au Gabon, l’efficacité peut parfois être perçue comme une insubordination. En ouvrant officiellement les portes de l’Assemblée Nationale là où d’autres préféraient les conciliabules nocturnes et restreints, le Président de l’institution a exposé, par contraste, les lacunes des autres stratégies de sortie de crise.
Ce succès « insolent » a provoqué d’importants remous chez les acteurs de l’ombre voyant en lui un électron libre capable de court-circuiter les couloirs habituels de décision. C’est précisément cette autonomie qui pourrait pousser, à titre d’exemple, l’UDB à envisager une procédure disciplinaire pour recadrer un membre devenu, aux yeux de certains, trop encombrant ou trop indépendant.
Le dilemme pour sa formation politique est désormais de taille. Sanctionner ce cadre reviendrait à désavouer une médiation que la base enseignante a pourtant largement saluée pour son respect et sa considération. À l’inverse, ne rien faire pourrait être interprété comme une validation de ce perçu à la Présidence comme une fronde institutionnelle.
Alors que l’horizon scolaire reste incertain après la dernière assemblée générale des enseignants, l’avenir du Président de l’Assemblée Nationale semble, lui aussi, suspendu à un arbitrage délicat. Entre la loyauté envers la coalition au pouvoir et le succès de sa mission de représentation nationale, la ligne de crête n’a jamais été aussi étroite pour l’homme fort du Palais Léon Mba.




