Black-out numérique au Gabon : La HAC coupe le signal, mais pour quels résultats ?
La population Gabonaise s’est réveillée ce mercredi 18 février 2026 avec un goût amer de déconnexion. Par un communiqué laconique daté d’hier, la Haute Autorité de la Communication (HAC) a ordonné la Suspension immédiate de l’accès aux réseaux sociaux sur toute l’étendue du territoire. Si l’institution invoque, comme à l’accoutumée, des impératifs de maintien de l’ordre ou de lutte contre les dérives numériques, une question fondamentale brûle toutes les lèvres : cette mesure radicale était-elle vraiment utile ?

Couper les réseaux sociaux en 2026, c’est un peu comme essayer d’arrêter le vent avec ses mains. Dans une économie gabonaise qui se digitalise à grande vitesse, cette décision ressemble à un coup de frein brutal porté à la modernité.
Le coût économique : Des milliers de petits entrepreneurs, de commerçants et de start-ups dépendent quotidiennement de WhatsApp, Facebook ou Instagram pour leurs activités. Chaque heure de silence numérique se traduit par des pertes financières concrètes pour les ménages.
L’efficacité douteuse : À l’ère des VPN (Réseaux Privés Virtuels), une suspension nationale est-elle encore une barrière efficace ? Pour une grande partie de la jeunesse connectée, ce « mur » numérique n’est qu’un obstacle mineur, rendant l’interdiction presque symbolique, mais profondément irritante.
L’utilité d’une telle censure est d’autant plus discutable qu’elle génère souvent l’effet inverse de celui recherché. Au lieu de calmer les tensions ou de stopper les rumeurs, le vide informationnel laisse la place aux spéculations les plus folles.
« Le silence imposé par les autorités n’éteint pas la soif d’information, il l’assoiffe davantage et pousse les citoyens vers des sources d’information non vérifiées. »
En privant les Gabonais de leurs canaux de communication habituels, la HAC ne risque-t-elle pas de ternir l’image d’un pays se voulant une vitrine technologique en Afrique centrale ? On peut s’interroger sur la pertinence d’une mesure qui semble appartenir à une époque révolue, là où le dialogue et la régulation ciblée auraient pu être privilégiés.
Si l’objectif était de « protéger » la population contre d’éventuels troubles, l’histoire récente montre que l’isolement numérique renforce souvent le sentiment de défiance envers les institutions. L’utilité de cette mesure sera jugée à l’aune de sa durée. S’agit-il d’une brève parenthèse ou d’un virage autoritaire dans la gestion de l’espace numérique ?
Pour l’heure, le grand Libreville et l’arrière-pays vivent au rythme d’une déconnexion forcée, attendant que le signal revienne. Mais une chose est sûre : l’utilité d’un tel acte, dans un monde où tout finit par se savoir, reste à prouver.




